En 2005, l’empreinte écologique de la Belgique était 4 fois supérieure à la biocapacité disponible. En d’autres termes, nous consommons en 1 an ce que la terre en met 4 à produire et/ou absorber ! Nous consommons donc notre capital et assurons notre bien être sur le dos de nos enfants !

C’est la conséquence directe de la surconsommation engendrée par une économie obsédée par la seule croissance du PIB, Alors que la biosphère est un espace fini, pourquoi toujours croire au mythe qu’une croissance matérielle infinie est à la source de notre bien être.

La crise qui touche principalement les plus démunis d’entre nous est, principalement, le fait :

  • de la financiarisation de notre économie (on échange, chaque jour, 50x plus de capitaux que l’on exporte des biens matériels). Il n’y a plus de lien entre les valeurs virtuelles échangées et l’économie réelle.
  • de la dérégulation des marchés : plus personne n’est à même de faire le lien entre les valeurs virtuelles et les richesses réelles.
  • d’une conception néoclassique de l’économiequi repose sur 4 hypothèses non conformes à la réalité :
    • le comportement rationnel des parties
    • l’information totale et égale de toute les parties
    • le caractère illimité des ressource et la capacité infinie de la terre à absorber nos rejets
    • la réduction des comportements humains à des comportements individuels
  • le dogme selon lequel seul la croissance du PIB est à même d’assurer notre bien-être
  • de la maximisation des profits des seuls actionnaires au détriment des salariés et du financement des dépenses croissantes de ces derniers par le crédit, voir l’usure.
  • du déséquilibre abyssal et croissant entre les salaires misérables d’une majorité et les revenus indécents d’une minorité

C’est donc à dessein que je ne parle pas de relance économique. Il n’est pas question de relancer un système à l’agonie – qui, de surcroît, a profité à un très petit nombre – avec l’argent du plus grand nombre. Si ce système a permis, durant à peu près un siècle d’assurer notre bien être, aux dépend de nos colonies, ex-colonies ainsi que des générations futures, il n’est plus à même de le faire dans le siècle à venir. D’une part, le monde ne nous appartient plus et d’autre part, nous avons consommé en pas moins de 100 ans la moité de ce que la planète a mis plusieurs centaines de milliers d’années à produire.

Il nous faut donc impérativement réduire notre empreinte écologique et développer une nouvelle économie, respectueuse de la planète et des hommes qui l’habitent. Les pouvoirs publics ont leur rôle à jouer dans cette mutation qui doit être profonde et pleinement effective en une ou deux décennies. C’est entre-autre, le rôle des autorités de faire en sorte que les choix des citoyens entraînant une réduction de leur empreinte soient compétitifs par rapport aux choix contraires. Pour le moment c’est, très malheureusement, trop rarement le cas.

Sans être exhaustif, je préconise donc les mesures suivantes :

  • la poursuite et le développement de la politique de primes incitant les citoyens à investir dans une réduction de leur empreinte écologique (primes à l’isolation, à l’achat de véhicules propres, à l’achat d’électroménager performant, à l’utilisation de sources d’énergies renouvelables, … )
  • la mise sur pied de mécanismes de préfinancement des investissements (prêts à taux 0%, tiers-investisseurs, partenariats public-ménages)  pour les ménages ayant des ressources financières limités
  • une gestion des services publics respectueuse des critères de développement durable:
    • par l’intégration systématique de critères de durabilité dans les appels d’offres publics
    • par des investissements importants dans l’amélioration de la PEB des bâtiments publics (auto-financés par des économies d’énergie)
    • par la réorientation des investissements de tous les fonds de pension public vers des investissements éthiques
    • par l’adoption de mécanismes de gestion écologique et leur certification (EMAS, ISO14001)
  • la réorientation des aides à l’agriculture de manière à privilégier une agriculture respectueuse de son environnement et des cycles naturels.
  • la modification de la fiscalité de manière à rendre les comportements écologiquement & éthiquement responsables financièrement attractifs par rapport à des comportements qui ne le sont pas. A titre d’exemples, je citerai :
    • faire en sorte que pour des distances inférieures ou égales à 1200km, le train soit le moyen de transport le plus financièrement attractif.
    • offrir des alternatives à la voiture de société en terme de rémunération financière ( carte hypermobil, chèque déplacements, prime au logement inversement proportionnelle à la distance domicile-travail, …)
  • lutter efficacement contre la fraude et l’évasion fiscale
  • stimuler les circuits de distribution courts, sensibiliser et rendre attractif une alimentation saine basée sur des produits de saison issus de l’agriculture biologique par :
    • l’étiquetage du coût écologique lié au transport et à la production des produits alimentaires
    • une aide à la conversion des cantines (scolaires, d’entreprises, hospitalières) et du secteur HORECA à l’alimentation biologique et au slow food.
  • la création de filières de formation qualifiantes dans les domaines :
    • de l’éco-construction
    • de l’efficience énergétique
    • des énergies renouvelables
    • des logiciels libres
  • la réforme de certains cursus, à titre d’exemple :
    • l’intégration de l’éco-construction dans les études d’architecture
    • l’intégration de l’agriculture biologique, intégrée, & associée dans les études d’agronomie
    • l’étude approfondie des théories économiques alternatives (tel le post-keynésianisme) dans les études d’économie et de gestion.
    • l’alimentation biologique et le slow-food dans les études de cuisine
  • des investissement publics importants dans les transports en commun (infrastructure et charroi)
  • la libération de l’économie de la dictature finance par :
  • une aide accrue & ciblée à la recherche (1,8% du PIB actuellement) en vue d’atteindre les objectifs de Lisbonne (3% du PIB)
  • un réinvestissement dans le secteur non-marchand et les services de proximité (crèches, bureaux de poste, …)
  • le soutient, notamment logistique, aux initiatives solidaires : SEL, GAS, Réseau d’échanges de savoir, …

Je m’arrête, parce que c’est déjà assez long comme ça et en même temps assez exhaustif pour vous démontrer que chez Ecolo, on ne manque pas aussi d’idées quant aux solutions à apporter à la crise. Nous pensons que c’est ainsi que nous arriverons à recréer des emplois durables & non-délocalisables (5 millions d’emplois en 5 ans pour 5 milliards d’Euros). Pour sur, il y a du boulot et des résistances à affronter avant de mettre tout cela en œuvre, mais nous sommes persuadés que le Green Deal, comme nous l’appelons, est la seule manière d’échapper durablement à la crise.

Salut, merci pour votre écoute et j’espère vous avoir convaincu : le 7 Juin, il est vraiment temps de passer dans le vert !

PS : j’aurais aussi aimé vous parler d’enseignement, de régularisation, de logement, d’aide sociale, …, mais je n’aurais plus le temps avant le 7 juin !

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