Il y a un mois, je vous ai parlé de notre horizon politique. Cette fois-ci , j’ai envie de commencer par vous inviter à jeter un œil à cet article paru entre-temps dans la revue Politique qui est, de mon point de vue, un excellent condensé de ce que nous voulons, de ce que nous avons-fait et de ce que nous sommes.

Je vous avais aussi promis de détailler les éléments du programme ecolo que je veux mettre en avant et qui constituent mes priorités politiques :

– partager le temps de travail plutôt que d’opposer chômeurs et travailleurs,

Le « plein emploi » est un mirage qu’on nous fait miroiter depuis plus de 40 ans : les gains de productivité, l’automatisation mais aussi les limites environnementales,… font que lier notre prospérité et notre bien-être à ce mythe est voué à l’échec. Personnellement, je côtoie d’une part des hommes et des femmes qui aspirent à avoir un peu plus de temps pour eux et d’autre part d’autres femmes & hommes qui aspirent à avoir le droit d’être rémunérés pour ce qu’ils apportent à la société.

Un graphique vaut parfois mieux qu’un long discours. Ce dernier, tiré de la brochure « Travailler Plus, Travailler Moins » édité par la GEF illustre très bien mon propos : là où on passe moins de temps à travailler, on est plus nombreux à travailler.

Nous sommes donc en faveur d’une extension des mécanismes de réduction du temps de travail ainsi que de la mise à l’agenda de la réduction collective du temps de travail.

Pour plus de détails, je vous renvoie à nos propositions à ce sujet.

 

– répartir équitablement l’impôt sur le travail et le capital,

Actuellement, les revenus financiers bénéficient d’un précompte libératoire de 0, 15 ou 25 %. Ces revenus ne sont plus comptabilisés comme revenus à l’impôt des personnes physiques. Les revenus du travail qui constituent l’essentiel des revenus imposés via l’IPP sont par contre imposés par tranches de 25 à 50 %. La mesure phare de notre programme fiscalité constitue à re-globaliser les revenus du travail et du capital afin d’imposer aux mêmes taux rentiers et travailleurs. En outre, de nombreuses aides sont liées aux seuls revenus déclarés à l’IPP, de sorte qu’actuellement des enfants de rentiers se voient attribuer des bourses d’études !

Si notre programme fiscal ne se limite évidemment pas à cette mesure, toutes les mesures que nous proposons visent à plus d’équité.

 

– assurer à chacun les mêmes droits indépendamment de toute forme d’identité ou de choix de vie,

D’une part, Ecolo propose d’approfondir l’individualisation des droits sociaux. Il s’agit par là de supprimer les actuelles discriminations liées à l’état civil ou à la cohabitation et de permettre à chaque personne adulte de bénéficier de droits propres, indépendamment de ses liens privés avec une autre personne adulte. Cette même revendication, nous la portons dans tous les domaines tel que par exemple l’IPP.

D’autre part, que ce soit en matière d’IVG, d’euthanasie, du choix du nom de l’enfant,ou du droit pour la compagne de la mère mettant au monde un enfant par PMA d’être reconnu comme parent, ecolo a fait et fait systématiquement le choix de traiter hommes et femmes en adultes responsables et autonomes. Concrètement, cela veut dire que là ou l’état verrouillait le choix des individus, nous avons œuvré et œuvrons pour laisser à chacun la liberté de choisir de vivre (et mourir) comme il l’entend.

 

– offrir à chaque jeune un enseignement accessible et adapté qui lui ouvre les portes de la citoyenneté,

Assurer un avenir à notre jeunesse, c’est lui assurer de devenir autonome. Or, si l’autonomie passe par la garantie d’un revenu, elle passe aussi par la participation et l’implication dans la vie sociale & culturelle. C’est entre autres le rôle de l’école. Une telle école doit être accessible à tous et partout, sans obliger les parents à se battre pour que leur enfants soient dans une « bonne école », d’ailleurs parfois bien loin de chez eux, générant en sus des besoins de mobilité difficiles à remplir autrement que par des déplacements en automobile.

Tous nos enfants ne sont pas semblables et il me semble important de laisser la place aux établissements pour proposer des pédagogies alternatives (à titre d’exemple l’école active) qui si elles ne sont pas adaptées à tous, permettent à certains de s’émanciper dans un cadre qui leur convient mieux. Pour les mêmes raisons, nous nous engageons à soutenir l’enseignement artistique et valoriser les différentes filaires techniques qualifiantes.

 

– permettre à chacun de s’alimenter, de se loger, de se déplacer, de travailler et de se divertir sans affecter notre environnement,

Si s’alimenter, se loger, se déplacer, travailler, se divertir sans affecter notre environnement sont des thématiques que nous portons depuis belle lurette et que nous mettons en pratique dans nos participations, le principal enjeu à venir est de faire en sorte que chacun puisse les porter quelque soit ses revenus.


 

– développer une économie durable, circulaire & collaborative,

Comme j’ai tenté de l’expliquer dans mon précédent courrier, une nouvelle économie basée, d’une part, sur le partage des connaissance et des outils de production et, d’autre part, sur la récupération ainsi que l’efficacité environnementale se met en place. En tant qu’écologistes, nous devons d’une part prendre les mesures pour encourager ces initiatives et d’autre part empêcher les lobbys de l’exploitation effrénées des ressources, du brevetage de nos biens communs, de l’obsolescence programmée et de l’économie casino de garder la main mise sur l’économie.

 

– réduire notre dépendance à l’automobile et aux combustibles fossiles,

Le parc automobile belge est composé de près de 7 millions de véhicules dont 5,5 millions de voitures pour 11 millions d’habitants. Cela a un impact non négligeable sur la santé publique (polluants atmosphériques, particules fines, bruit, accidents), l’aménagement du territoire (à Bruxelles 70 % de l’espace public est réservé à la voiture) et la mobilité elle même (congestionnement des infrastructures).

En outre, notre dépendance aux énergies fossiles que ce soit pour se déplacer, s’éclairer ou se chauffer a un impact sur le climat mais aussi sur notre économie et sur les équilibres géostratégiques (à l’heure actuelle, par le biais de nos importations énergétiques [18,7 milliards d’€ en 2011 pour la Belgique] nous finançons le régime Russe ainsi que les oligarchies du golfe persique).

Pour toutes ces raisons il est donc prioritaire et indispensable de développer les alternative au tout à l’automobile (transports publics, mobilité douce, relocalisation de l’économie) et réduire notre recours aux énergies fossiles (en ce compris nucléaire).

 

– garantir à tous l’accès à une information libre, au travers d’outils libres & protéger notre vie privée.

Alors que notre ministre de la justice s’est empressée de la faire traduire en droit belge une directive liberticide – aujourd’hui invalidée par la Cour Européenne de Justice – sur la rétention de nos données, Ecolo a toujours été à la pointe de la défense de nos libertés numériques ainsi que de la promotion des licenses ouvertes. Nos candidats têtes de liste au parlement européen sont par ailleurs signataires de la charte wepromise.eu et du pacte des logiciels libres.


 

A parcourir les 808 pages de notre programme, je me rends compte que je pourrais encore soutenir bien d’autres priorités tel que la place de la personne handicapée, l’égalité femmes-hommes, …, mais le 25 mai approche et le temps me manque.

 

D’ici là, je tenterai encore de vous parler de quelques autres candidats et des raisons qui m’ont valu, pour la première fois de ma vie, d’être privé de ma liberté.

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