Archives mensuelles : mai 2014

Ce 25 mai vous serez amenés à élire vos députés régionaux, fédéraux et européens. De ce triple choix, découlera la formation des coalitions au pouvoir et par conséquent les orientations politiques des 5 années à venir. J’ai déjà essayé de vous convaincre de toute la pertinence de soutenir le projet écologiste en ce moment clé. Je vous parlerai donc, cette-fois ci, de femmes et d’hommes qui le portent. Mais tout d’abord je voudrais revenir sur les événements du 15 mai dernier.

Ce jour là, je me suis levé dès potron-minet, à l’appel de l’alliance D19-20, pour faire un peu de bruit autour d’une rencontre trop discrète entre le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, et le gratin du business mondial. L’European Business Summit débutait alors dans le très discret palais d’Egmont.

Arrivé à vélo, j’ai très vite compris que ce petit monde était bien retranché et protégé comme le sont nos ministres lors d’une réunion du conseil. Rapidement éconduit dans ma naïve tentative d’approcher la forteresse, je me suis retrouvé pris au piège avec plusieurs centaines de manifestants. Les forces de police ont alors commencé à arrêter systématiquement toutes les personnes qu’elles ont pu circonscrire et asperger ceux qui échappaient à leur cordon, alors qu’aucune atteinte à des bien où des personnes n’aient été constatée. Ce jour là, nous étions de l’ordre de 275, dont 3 parlementaires ecolo et de nombreux candidats aux élections, à avoir été arrêtés et privés de liberté.

A lire : 240 personnes interpellées, dont trois députés Ecolo, lors d’une manifestation à Bruxelles



Mais si cette journée passée à l’ombre restera pour moi importante et troublante, elle suscite surtout en moi la volonté indéfectible de continuer à me battre, d’une part, pour ce que j’étais venu défendre ce jour là, mais aussi, dorénavant, pour garder le droit fondamental de m’exprimer de la sorte.

Passons donc à l’essentiel ; que faisais-je dans cette galère !

Depuis à peu près un an, le commissaire au commerce négocie dans la plus grande opacité un accord de dérégulation transatlantique. C’est ce projet de traité qu’on nomme Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) ou Transatlantic Free Trade Area (TAFTA). En quelques mots, il vise :

  • d’une part à éliminer les barrières non-tarifaires au commerce entre l’Europe & les Etats-Unis, càd, harmoniser par le bas les normes sociales, environnementales & sanitaires qui s’imposent aux entreprises, qu’elles produisent des biens ou fournissent des services,
  • la mise sur pied du mécanisme Investor-State Dispute Settlement (ISDS) au travers duquel les états peuvent se voir condamnés devant une juridiction privée par des entreprises parce qu’ils auraient, de par leur action politique, entravé le commerce de ces dernières.

Selon ses promoteurs cet accord devrait permettre un gain de croissance en Europe de 0,5 % du PIB. (sans préciser à qui bénéficierait ces 0,5%)

Seuls les verts et la gauche radicale ainsi que quelques socialistes rebelles se sont opposés, lors d’un vote au PE le 23 mai 2013, au mandat de négociation proposé par la DG Trade.

Ce 15 mai, je manifestais donc pour que vous entendiez parler de çà et des petites conversations très privées que le commissaire De Gucht entretient avec les patrons des multinationales.

Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, je vous recommande de consulter la page de la Quadrature du Net consacré au sujet ainsi qu’une vidéo de 12 minutes par Etienne Lebeau, le spécialiste des questions européennes à la CNE, avec qui j’ai eu la chance de faire connaissance ce 15 mai, alors même que nous nous faisions arrêter.

 

Ce dimanche, vous voterez aussi « pour l’Europe ». J’en profite donc pour vous inviter à voter « pour une autre Europe ». La bataille contre la dérégulation, elle n’a pas commencé le 15 mai pour Philippe Lamberts, notre tête de liste européenne, nommé « l’ennemi numéro 1 de la City » par le Wall-Street Journal, alors qu’il obtenait une limitation des bonus des banquiers.

Si vous ne le connaissez pas encore, je vous invite donc à jeter un œil à son site web . Vous pourrez constater qu’outre le fait qu’il ne manque pas d’humour, il a un autre projet pour l’Europe et il est capable de le défendre.

 


 

La liste des candidats éligibles aux élections fédérales et régionales en région bruxelloise est, quant à elle, disponible sur le site web de la régionale.

A la chambre, je vous invite sans hésitation à porter votre attention sur les tête de liste, Zakia Khattabi et Benoît Hellings mais aussi sur Séverine de Laveleye, coordinatrice d’une ONG spécialisée dans l’éducation au développement, ainsi que sur Dominique Decoux, présidente du CPAS de Schaerbeek et Oriane Todts, avocate stagiaire au barreau.

A la région, outre l’invitation à voter pour moi, je vous invite à jeter un œil aux candidatures suivantes : Zoé Genot, députée fédérale sortante ; Catherine Lemaitre, conseillère communale à Bruxelles-Ville ; Ingrid Parmentier, fonctionnaire à la région ; Christine Verstegen, spécialiste des questions de handicap ; Londé Ngosso, membre fondateur de l’asbl Genres Pluriels et Matteo Segers, artiste engagé.

Il y a un mois, je vous ai parlé de notre horizon politique. Cette fois-ci , j’ai envie de commencer par vous inviter à jeter un œil à cet article paru entre-temps dans la revue Politique qui est, de mon point de vue, un excellent condensé de ce que nous voulons, de ce que nous avons-fait et de ce que nous sommes.

Je vous avais aussi promis de détailler les éléments du programme ecolo que je veux mettre en avant et qui constituent mes priorités politiques :

- partager le temps de travail plutôt que d’opposer chômeurs et travailleurs,

Le « plein emploi » est un mirage qu’on nous fait miroiter depuis plus de 40 ans : les gains de productivité, l’automatisation mais aussi les limites environnementales,… font que lier notre prospérité et notre bien-être à ce mythe est voué à l’échec. Personnellement, je côtoie d’une part des hommes et des femmes qui aspirent à avoir un peu plus de temps pour eux et d’autre part d’autres femmes & hommes qui aspirent à avoir le droit d’être rémunérés pour ce qu’ils apportent à la société.

Un graphique vaut parfois mieux qu’un long discours. Ce dernier, tiré de la brochure « Travailler Plus, Travailler Moins » édité par la GEF illustre très bien mon propos : là où on passe moins de temps à travailler, on est plus nombreux à travailler.

Nous sommes donc en faveur d’une extension des mécanismes de réduction du temps de travail ainsi que de la mise à l’agenda de la réduction collective du temps de travail.

Pour plus de détails, je vous renvoie à nos propositions à ce sujet.

 

- répartir équitablement l’impôt sur le travail et le capital,

Actuellement, les revenus financiers bénéficient d’un précompte libératoire de 0, 15 ou 25 %. Ces revenus ne sont plus comptabilisés comme revenus à l’impôt des personnes physiques. Les revenus du travail qui constituent l’essentiel des revenus imposés via l’IPP sont par contre imposés par tranches de 25 à 50 %. La mesure phare de notre programme fiscalité constitue à re-globaliser les revenus du travail et du capital afin d’imposer aux mêmes taux rentiers et travailleurs. En outre, de nombreuses aides sont liées aux seuls revenus déclarés à l’IPP, de sorte qu’actuellement des enfants de rentiers se voient attribuer des bourses d’études !

Si notre programme fiscal ne se limite évidemment pas à cette mesure, toutes les mesures que nous proposons visent à plus d’équité.

 

- assurer à chacun les mêmes droits indépendamment de toute forme d’identité ou de choix de vie,

D’une part, Ecolo propose d’approfondir l’individualisation des droits sociaux. Il s’agit par là de supprimer les actuelles discriminations liées à l’état civil ou à la cohabitation et de permettre à chaque personne adulte de bénéficier de droits propres, indépendamment de ses liens privés avec une autre personne adulte. Cette même revendication, nous la portons dans tous les domaines tel que par exemple l’IPP.

D’autre part, que ce soit en matière d’IVG, d’euthanasie, du choix du nom de l’enfant,ou du droit pour la compagne de la mère mettant au monde un enfant par PMA d’être reconnu comme parent, ecolo a fait et fait systématiquement le choix de traiter hommes et femmes en adultes responsables et autonomes. Concrètement, cela veut dire que là ou l’état verrouillait le choix des individus, nous avons œuvré et œuvrons pour laisser à chacun la liberté de choisir de vivre (et mourir) comme il l’entend.

 

- offrir à chaque jeune un enseignement accessible et adapté qui lui ouvre les portes de la citoyenneté,

Assurer un avenir à notre jeunesse, c’est lui assurer de devenir autonome. Or, si l’autonomie passe par la garantie d’un revenu, elle passe aussi par la participation et l’implication dans la vie sociale & culturelle. C’est entre autres le rôle de l’école. Une telle école doit être accessible à tous et partout, sans obliger les parents à se battre pour que leur enfants soient dans une « bonne école », d’ailleurs parfois bien loin de chez eux, générant en sus des besoins de mobilité difficiles à remplir autrement que par des déplacements en automobile.

Tous nos enfants ne sont pas semblables et il me semble important de laisser la place aux établissements pour proposer des pédagogies alternatives (à titre d’exemple l’école active) qui si elles ne sont pas adaptées à tous, permettent à certains de s’émanciper dans un cadre qui leur convient mieux. Pour les mêmes raisons, nous nous engageons à soutenir l’enseignement artistique et valoriser les différentes filaires techniques qualifiantes.

 

- permettre à chacun de s’alimenter, de se loger, de se déplacer, de travailler et de se divertir sans affecter notre environnement,

Si s’alimenter, se loger, se déplacer, travailler, se divertir sans affecter notre environnement sont des thématiques que nous portons depuis belle lurette et que nous mettons en pratique dans nos participations, le principal enjeu à venir est de faire en sorte que chacun puisse les porter quelque soit ses revenus.


 

- développer une économie durable, circulaire & collaborative,

Comme j’ai tenté de l’expliquer dans mon précédent courrier, une nouvelle économie basée, d’une part, sur le partage des connaissance et des outils de production et, d’autre part, sur la récupération ainsi que l’efficacité environnementale se met en place. En tant qu’écologistes, nous devons d’une part prendre les mesures pour encourager ces initiatives et d’autre part empêcher les lobbys de l’exploitation effrénées des ressources, du brevetage de nos biens communs, de l’obsolescence programmée et de l’économie casino de garder la main mise sur l’économie.

 

- réduire notre dépendance à l’automobile et aux combustibles fossiles,

Le parc automobile belge est composé de près de 7 millions de véhicules dont 5,5 millions de voitures pour 11 millions d’habitants. Cela a un impact non négligeable sur la santé publique (polluants atmosphériques, particules fines, bruit, accidents), l’aménagement du territoire (à Bruxelles 70 % de l’espace public est réservé à la voiture) et la mobilité elle même (congestionnement des infrastructures).

En outre, notre dépendance aux énergies fossiles que ce soit pour se déplacer, s’éclairer ou se chauffer a un impact sur le climat mais aussi sur notre économie et sur les équilibres géostratégiques (à l’heure actuelle, par le biais de nos importations énergétiques [18,7 milliards d’€ en 2011 pour la Belgique] nous finançons le régime Russe ainsi que les oligarchies du golfe persique).

Pour toutes ces raisons il est donc prioritaire et indispensable de développer les alternative au tout à l’automobile (transports publics, mobilité douce, relocalisation de l’économie) et réduire notre recours aux énergies fossiles (en ce compris nucléaire).

 

- garantir à tous l’accès à une information libre, au travers d’outils libres & protéger notre vie privée.

Alors que notre ministre de la justice s’est empressée de la faire traduire en droit belge une directive liberticide – aujourd’hui invalidée par la Cour Européenne de Justice – sur la rétention de nos données, Ecolo a toujours été à la pointe de la défense de nos libertés numériques ainsi que de la promotion des licenses ouvertes. Nos candidats têtes de liste au parlement européen sont par ailleurs signataires de la charte wepromise.eu et du pacte des logiciels libres.


 

A parcourir les 808 pages de notre programme, je me rends compte que je pourrais encore soutenir bien d’autres priorités tel que la place de la personne handicapée, l’égalité femmes-hommes, …, mais le 25 mai approche et le temps me manque.

 

D’ici là, je tenterai encore de vous parler de quelques autres candidats et des raisons qui m’ont valu, pour la première fois de ma vie, d’être privé de ma liberté.

Comme en 2009, je porterai la bannière des Écologistes Confédérés pour l’Organisation de Luttes Originales (en abrégé ECOLO) aux élections régionales bruxelloises. En 47e place effective, c’est plus une invitation à partager le projet de société des écologistes qu’une invitation à me propulser dans l’arène (quoique, si vous êtes environs 5000 à être convaincus, j’irai me battre avec les fauves).

De mon point de vue, Ecolo reste la seule formation politique en mesure de gouverner qui porte un projet de société holistique. De surcroît, c’est le parti qui est, tout à la fois, le plus transparent, démocratique et inclusif. C’est aussi un parti ou le travail collectif l’emporte sur l’égocentrisme.

A nos yeux, les crises économique, énergétique, alimentaire, politique, migratoire, climatique, de l’emploi, de la mobilité, du logement, …. ne sont que les symptômes de la crise d’un modèle de société qui n’est plus adapté aux contraintes de notre époque.

De notre point de vue, c’est bien l’ensemble du modèle qu’il faut revoir avec l’objectif de permettre à chacun ici et ailleurs, aujourd’hui et demain, de trouver sa place. Ma conviction, que je partage avec les écologistes, c’est que c’est bien en renforçant la solidarité, la collaboration entre les êtres humains qu’on arrivera à faire face à ce défi.

Notre vision, nous l’avons consignée dans un manifeste de 13 pages que je vous invite à lire. En ce qui concerne le programme politique qui en découle, je voudrais surtout vous convaincre qu’il déborde de loin les questions environnementales auxquelles certains tentent de nous cantonner. Je vous invite donc à en parcourir la table des matières et à passer un peu plus de temps sur les sujets qui vous tiennent à cœur (la totalité du document comporte plus de 800 pages).

En ce qui concerne plus spécifiquement Bruxelles, nous avons décliné notre programme en 10 priorités pour la région et ses habitants.

S’il y a cinq ans, je vous proposais de porter des thématiques (Mobilité & Aménagement du territoire, Libertés et Démocratie, Logiciels Libres, Laïcité institutionnelle, Ecologie & Economie) qui me tenaient sincèrement à cœur, elles étaient encore assez isolées les unes des autres.

Entre temps, j’ai choisi de travailler dans le « non-marchand », j’ai fondé un comité de quartier, tenté une initiative de transition, adopté la collocation, participé à la mise en place d’un gasap, me suis engagé dans la représentation syndicale, participé à des formations et ateliers organisés par Etopia ou la CNE, découvert la haute montagne, …

Ces engagements ainsi que mes voyages m’ont aussi permis de rencontrer des personnes qui vivent d’autres réalités et/ou qui on choisi de vivre autrement. Ces rencontres, elles aussi, alimentent et nourrissent ma réflexion politique.

Les concepts qui ont permis aux logiciels libres de se développer se sont étendus à bien d’autres domaines : création artistique, hardware, mobilier, données ouvertes, cartographie, outils, maisons, …

Fablabs, repair-cafés, cafés associatifs, sel, gasap, monnaies locales, potagers collectifs, … se développent et constituent le ferment d’une économie collaborative & circulaire.

Tant et si bien qu’à présent, réduire les inégalités, garantir à chacun la liberté d’agir selon ses convictions dans un monde qui valorise le partage et la solidarité sont les valeurs qui, réunies, guident mes priorités politiques, à savoir :

  • partager le temps de travail plutôt que d’opposer chômeurs et travailleurs,

  • répartir équitablement l’impôt sur le travail et le capital,

  • assurer à chacun les mêmes droits indépendamment de toute forme d’identité ou de choix de vie,

  • offrir à chaque jeune un enseignement accessible et adapté qui lui ouvre les portes de la citoyenneté,

  • permettre à chacun de s’alimenter, de se loger, de se déplacer, de travailler et de se divertir sans affecter notre environnement,

  • développer une économie durable, circulaire & collaborative,

  • réduire notre dépendance à l’automobile et aux combustibles fossiles,

  • garantir à tous l’accès à une information libre, au travers d’outils libres,

  • protéger notre vie privée.

 Je rajouterais en prime : tenter d’être inclusif dans toutes les mesures prises, càd se poser la question de l’impact des mesures sur les différents publics et en particulier ceux qui sont fragilisés.

Laurent Pirotte Affiche Régionales 2014