Archives mensuelles : juin 2009

En pleine fiesta à la tentation, le chiffre est tombé : vous êtes 993 à m’avoir plébiscité !

 

Je commencerai donc par adresser un grand merci à toux ceux qui m’ont soutenu et fait confiance.

 

Évidemment, depuis une semaine vous me posez une série de questions ! Moi-même, je n’arrête pas de m’en poser ! Si je ne vous ai pas encore répondu, ce n’est, bien évidemment, pas parce que je vous laisse tomber dès le lendemain des élections, mais tout simplement parce que la campagne c’est une sacrée épreuve physique et que quand l’adrénaline n’est plus là le corps dit tout simplement ZUT : la première chose à faire, c’était de récupérer un minimum et la seconde de me consacrer à ceux qui me sont proches et qui ne m’ont pas beaucoup vu ces derniers mois.

 

Ayant l’esprit un peu plus clair qu’au lendemain des élections ;-), je vais tenter de vous apporter certaines réponses :

 

  1. Suis-je satisfait de mon score ? : Oui, en posant ma candidature, mon objectif premier était d’apprendre ce que c’était faire campagne. Si je me suis rapidement pris au « jeu », je n’avais pas la prétention d’être élu cette fois-ci. Cela ne ma pas empêché de défendre mes convicions de toute mes forces. Si je n’ai pas obtenu assez de suffrages pour être élu, mon score combiné à l’énergie que j’ai dépensée à défendre les idées portées par Ecolo, ont, il me semble, suffit à démontrer que j’étais crédible.
  2. Suis-je déçu de ne pas être élu ? : Un petit peu quand même Wink, mais je suis surtout déçu que le PS ait réussi à ramener les indécis au bercail dans les derniers jours de campagne ! En tout cas, si j’avais été élu, j’aurais assumé pleinement. Mais s’il y a bien une leçon que j’ai tirée de cet expérience, c’est qu’on ne commence pas une campagne 2 mois avant les élections. Si je suis parti sur des starting blocks, je suis surtout parti bien trop tard ! Qu’a cela ne tienne, je me prépare dès à présent pour les suivantes !
  3. Qu’est-ce que je retire de l’expérience ? : Tout premièrement, avoir fait la connaissance d’une foule de personnes intéressantes. Redécouvert que me battre pour mes convictions et en débattre était quelque chose d’essentiel pour mon bien être. M’être rendu compte que quand on a la conviction, ce n’est pas quelque chose d’impossible que d’être élu. Réalisé que « rien ne sert de courir, il faut surtout partir à temps« , qu’il faut s’engager mais aussi se faire connaître. Appris qu’en campagne, on a plus le temps d’étudier le fond des dossiers, que ce travail là doit être fait avant, qu’on ne peut se concentrer que sur la communication : se faire connaître mais surtout faire connaître les idées promues par Ecolo et le bilan des participations passées mais, malheureusement aussi, répliquer intelligemment aux coups-bas de ses adversaires !
  4. Qu’est-ce que j’envisage comme suite ? : Tout simplement, continuer à m’investir chez Ecolo. Mieux connaître les domaines que je ne maîtrise pas encore bien (enseignement, non-marchand, migrations, …). Apprendre à débattre, à communiquer, sans oublier l’écoute. M’impliquer plus activement, au sein du parti, dans les débats sur les thématiques qui m’intéressent plus particulièrement comme la mobilité, l’urbanisme et les logiciels libres. M’impliquer un peu plus au niveau de la gestion de la locale Schaerbeekoise et préparer les communales de 2011. Tout cela en tachant d’éviter la grosse tête (si vous constatez un dérapage, n’hésitez pas à me recadrer Wink ).
  5. Qu’est-ce que je ne compte pas changer ? : Continuer à être moi-même, me remettre en question le plus souvent possible, faire bouger mes amis, visiter le monde, apprivoiser, me laisser apprivoiser, profiter de la vie, aimer, glander, apprendre, échanger, changer, …
  6. Suis-je pour l’Olivier ou la Jamaïcaine ? : Sans conteste, l’Olivier parce que si le MR est prêt à nous promettre la lune, dans les faits, la politique qu’il applique n’est pas compatible avec nos aspirations progressistes. Reste que le PS est un parti divisé entre une aile progressiste et une aile clientéliste et/ou affairiste qui s’égare profondément. Nous ne nous engagerons donc pas avec eux sans qu’un grand ménage ne soit réalisé. Mais sont-ils prêts ?

 

J’espère avoir répondu partiellement à vos interrogations. En tout cas n’hésitez pas à me poser des questions, à me secouer, me critiquer, et au besoin me remettre en place.

 

Ecololo alias ninehundredninetythree

En 2005, l’empreinte écologique de la Belgique était 4 fois supérieure à la biocapacité disponible. En d’autres termes, nous consommons en 1 an ce que la terre en met 4 à produire et/ou absorber ! Nous consommons donc notre capital et assurons notre bien être sur le dos de nos enfants !

C’est la conséquence directe de la surconsommation engendrée par une économie obsédée par la seule croissance du PIB, Alors que la biosphère est un espace fini, pourquoi toujours croire au mythe qu’une croissance matérielle infinie est à la source de notre bien être.

La crise qui touche principalement les plus démunis d’entre nous est, principalement, le fait :

  • de la financiarisation de notre économie (on échange, chaque jour, 50x plus de capitaux que l’on exporte des biens matériels). Il n’y a plus de lien entre les valeurs virtuelles échangées et l’économie réelle.
  • de la dérégulation des marchés : plus personne n’est à même de faire le lien entre les valeurs virtuelles et les richesses réelles.
  • d’une conception néoclassique de l’économiequi repose sur 4 hypothèses non conformes à la réalité :
    • le comportement rationnel des parties
    • l’information totale et égale de toute les parties
    • le caractère illimité des ressource et la capacité infinie de la terre à absorber nos rejets
    • la réduction des comportements humains à des comportements individuels
  • le dogme selon lequel seul la croissance du PIB est à même d’assurer notre bien-être
  • de la maximisation des profits des seuls actionnaires au détriment des salariés et du financement des dépenses croissantes de ces derniers par le crédit, voir l’usure.
  • du déséquilibre abyssal et croissant entre les salaires misérables d’une majorité et les revenus indécents d’une minorité

C’est donc à dessein que je ne parle pas de relance économique. Il n’est pas question de relancer un système à l’agonie – qui, de surcroît, a profité à un très petit nombre – avec l’argent du plus grand nombre. Si ce système a permis, durant à peu près un siècle d’assurer notre bien être, aux dépend de nos colonies, ex-colonies ainsi que des générations futures, il n’est plus à même de le faire dans le siècle à venir. D’une part, le monde ne nous appartient plus et d’autre part, nous avons consommé en pas moins de 100 ans la moité de ce que la planète a mis plusieurs centaines de milliers d’années à produire.

Il nous faut donc impérativement réduire notre empreinte écologique et développer une nouvelle économie, respectueuse de la planète et des hommes qui l’habitent. Les pouvoirs publics ont leur rôle à jouer dans cette mutation qui doit être profonde et pleinement effective en une ou deux décennies. C’est entre-autre, le rôle des autorités de faire en sorte que les choix des citoyens entraînant une réduction de leur empreinte soient compétitifs par rapport aux choix contraires. Pour le moment c’est, très malheureusement, trop rarement le cas.

Sans être exhaustif, je préconise donc les mesures suivantes :

  • la poursuite et le développement de la politique de primes incitant les citoyens à investir dans une réduction de leur empreinte écologique (primes à l’isolation, à l’achat de véhicules propres, à l’achat d’électroménager performant, à l’utilisation de sources d’énergies renouvelables, … )
  • la mise sur pied de mécanismes de préfinancement des investissements (prêts à taux 0%, tiers-investisseurs, partenariats public-ménages)  pour les ménages ayant des ressources financières limités
  • une gestion des services publics respectueuse des critères de développement durable:
    • par l’intégration systématique de critères de durabilité dans les appels d’offres publics
    • par des investissements importants dans l’amélioration de la PEB des bâtiments publics (auto-financés par des économies d’énergie)
    • par la réorientation des investissements de tous les fonds de pension public vers des investissements éthiques
    • par l’adoption de mécanismes de gestion écologique et leur certification (EMAS, ISO14001)
  • la réorientation des aides à l’agriculture de manière à privilégier une agriculture respectueuse de son environnement et des cycles naturels.
  • la modification de la fiscalité de manière à rendre les comportements écologiquement & éthiquement responsables financièrement attractifs par rapport à des comportements qui ne le sont pas. A titre d’exemples, je citerai :
    • faire en sorte que pour des distances inférieures ou égales à 1200km, le train soit le moyen de transport le plus financièrement attractif.
    • offrir des alternatives à la voiture de société en terme de rémunération financière ( carte hypermobil, chèque déplacements, prime au logement inversement proportionnelle à la distance domicile-travail, …)
  • lutter efficacement contre la fraude et l’évasion fiscale
  • stimuler les circuits de distribution courts, sensibiliser et rendre attractif une alimentation saine basée sur des produits de saison issus de l’agriculture biologique par :
    • l’étiquetage du coût écologique lié au transport et à la production des produits alimentaires
    • une aide à la conversion des cantines (scolaires, d’entreprises, hospitalières) et du secteur HORECA à l’alimentation biologique et au slow food.
  • la création de filières de formation qualifiantes dans les domaines :
    • de l’éco-construction
    • de l’efficience énergétique
    • des énergies renouvelables
    • des logiciels libres
  • la réforme de certains cursus, à titre d’exemple :
    • l’intégration de l’éco-construction dans les études d’architecture
    • l’intégration de l’agriculture biologique, intégrée, & associée dans les études d’agronomie
    • l’étude approfondie des théories économiques alternatives (tel le post-keynésianisme) dans les études d’économie et de gestion.
    • l’alimentation biologique et le slow-food dans les études de cuisine
  • des investissement publics importants dans les transports en commun (infrastructure et charroi)
  • la libération de l’économie de la dictature finance par :
  • une aide accrue & ciblée à la recherche (1,8% du PIB actuellement) en vue d’atteindre les objectifs de Lisbonne (3% du PIB)
  • un réinvestissement dans le secteur non-marchand et les services de proximité (crèches, bureaux de poste, …)
  • le soutient, notamment logistique, aux initiatives solidaires : SEL, GAS, Réseau d’échanges de savoir, …

Je m’arrête, parce que c’est déjà assez long comme ça et en même temps assez exhaustif pour vous démontrer que chez Ecolo, on ne manque pas aussi d’idées quant aux solutions à apporter à la crise. Nous pensons que c’est ainsi que nous arriverons à recréer des emplois durables & non-délocalisables (5 millions d’emplois en 5 ans pour 5 milliards d’Euros). Pour sur, il y a du boulot et des résistances à affronter avant de mettre tout cela en œuvre, mais nous sommes persuadés que le Green Deal, comme nous l’appelons, est la seule manière d’échapper durablement à la crise.

Salut, merci pour votre écoute et j’espère vous avoir convaincu : le 7 Juin, il est vraiment temps de passer dans le vert !

PS : j’aurais aussi aimé vous parler d’enseignement, de régularisation, de logement, d’aide sociale, …, mais je n’aurais plus le temps avant le 7 juin !

Récemment, le collectif R.A.P.P.E.L (Réseau d’Action Pour la Promotion d’un Etat Laïque) s’est targué de classer les candidats aux élections entre bon et mauvais laïques ! Les bons étant ceux qui répondent 10 fois oui à un questionnaire fermé et particulièrement  peu nuancé !

En tant que partisan d’une laïcité institutionnelle, à savoir, la relégation des convictions religieuses et philosophiques dans la sphère privée, j’ai répondu à ce questionnaire. Si j’ai souscrit sans hésitation à 8 des affirmations, 2 m’ont mis mal à l’aise :

  • « La présence de lobbys religieux au sein du Parlement européen constitue une entorse inacceptable à la laïcité. »
  • « Les signes d’appartenance philosophique, politique ou religieuse devraient être interdits au sein des établissements scolaires (pour les élèves comme pour les enseignants). »

Voulant apporter des nuances à ces propos, je me suis donc abstenu de répondre par oui ou non et ai fait part de mes commentaires. Le collectif RAPPEL assimile l’abstention à une réponse négative, ce que je trouve fallacieux. Je profite donc de cette tribune pour mettre les choses au point:

  • Si je déplore personnellement que des lobbys religieux soient toujours actifs et que je ne partage pas du tout les idées qu’ils propagent, il me paraitnormal qu’ils s’expriment dans l’enceinte du parlement comme partout ailleurs. Le parlement est, par définition, un lieu ou s’entrechoquent différents courants de pensée. Du moment que tous puissent s’exprimer librement, je n’y vois pas malice. En tout état de cause, ce qui est important, c’est de garantir que les parlementaires gardent leur libre arbitre que ce soit au moment où ils rédigent les textes ou au moment où ils expriment leur vote. D’un point de vue pragmatique, je ne vois pas comment on pourrait interdire des lobbys de s’exprimer, sans atteinte à notre liberté d’expression.
  • Tout comme les fonctionnaires ayant une fonction qui leur confère une autorité, les enseignants ont, non seulement, autorité sur leur élèves mais constituent aussi un référent social. Pour ces raisons, ils se doivent d’adopter une attitude neutre et ne peuvent, à mes yeux, arborer un signe d’appartenance philosophique. Par contre, je suis convaincu que c’est par l’éducation que l’on combattra le mieux l’obscurantisme religieux. Il me parait donc totalement contre-productif d’interdire l’accès à l’école à celles qui ont choisi (ou qui sont contraintes) de porter le voile. Je citerai à titre d’exemple, Nabela Benaïssa que tout le monde a vu voilée à 18 ans et qui au sortir de ses études de droit l’a laissé tombé, ce voile. C’est, par contre, le rôle de l’école et du corps éducatif que d’éviter que des filles le portent sous la contrainte.

Par contre, c’est sans restriction que je souscris aux 8 affirmations restantes, à savoir :

  • Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques, dans l’exercice de ses fonctions, constitue un manquement à ses obligations.
  • Les usagers des services publics ne peuvent récuser un agent public ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public ou d’un équipement public à leurs convictions particulières, qu’elles soient d’origine religieuses ou ethniques.
  • La critique des religions ne peut être assimilée à du racisme, sous peine de restrictions inacceptables à la liberté d’expression.
  • L’Etat n’a pas à financer les cultes en tant que cultes (en ce compris la laïcité organisée), mais seulement les aspects de ceux-ci qui ont une utilité sociale avérée.
  • Les cours de morale et de religion dans l’enseignement officiel devraient être remplacés par un cours commun à tous les élèves où pourraient être abordées des questions touchant à la citoyenneté, à la philosophie, au fait religieux, etc.
  • Il n’est pas acceptable que le contenu des cours ou l’organisation de la vie scolaire soient contestés pour des motifs liés à la religion.
  • Il importe de distinguer la sphère privée et les lieux publics, dans lesquels la plus grande liberté doivent prévaloir, de la sphère institutionnelle, dans laquelle la neutralité doit être de mise pour les fonctionnaires, en tant qu’ils représentent l’Etat.
  • L’inscription du principe de laïcité dans la Constitution belge serait une bonne chose.

Je voudrais quand même terminer par préciser que si je suis personnellement athée et laïque, je ne suis pas antireligieux. Simplement je considère que si l’état doit nous garantir à chacun le droit d’avoir des convictions et de les exprimer, il n’est pas de son ressort de nous imposer une quelconque marche à suivre ou de financer les cultes.

Néanmoins, en l’absence de consensus au sein de notre société pour supprimer la subvention étatique des cultes, il me semble aussi opportun de se battre pour une juste répartition des subsides alloués aux différents cultes et à la laïcité organisée. A défaut de mieux, je souscrit entièrement à la proposition d’Ecolo de soumettre la répartition des fonds alloués aux différents cultes et à la laïcité organisée à un recensement quinquennal (Programme Fédéral; livre III, page 123) .>

Salutations